Liu Wei
invité par Pi Li

 
  photo: Blaise Adilon

«Seesaw », 2007
Résine plastique et bois, métal
500 x 150 x 1600 cm
Courtesy Liu Wei et Universal Studios, Beijing

 
  photo: Blaise Adilon (détail)

«The Outcast », 2007
Installation: structure métallique, mobilier, ventilateurs, 14 tonnes de terre
Dimensions 4,50m x 12m x 17m
Courtesy Liu Wei et Universal Studios, Beijing.

 

LIU WEI
né en 1965 à Pékin où il vit et travaille
Après avoir été un des artistes majeurs du style “Réaliste Cynique”, Liu Wei se tourne aujourd’hui vers des thèmes plus personnels, qui représentent des paysages hallucinés rescapés de quelque catastrophe nucléaire, d’où émergent des slogans relatifs à la protection de la nature et de la santé des hommes.

PI LI
né en 1974 à Wuhan, Chine vit et travaille à Pékin
Commissaire indépendant (“the Fifth System”, He Xianging Art Museum, 2003, co-organisé avec Hou Hanru; “Alors la Chine”, Centre Pompidou, 2003…), enseignant, éditeur en chef de “Contemporary Art magazine” et essayiste, Pi Li fonde en 2005 UniversalStudios-Beijing, un centre d’art qui soutient les arts, le design, le cinéma et la musique.

 

 

« Seesaw » (qui signifie « la balançoire ») porte bien son nom: cette imposante
sculpture domine en effet le spectateur du haut de ses deux sièges inaccessibles en
forme d’oiseau. liu wei a composé son oeuvre de telle sorte qu’elle constitue un point d’équilibre entre l’espace social et l’espace politique ; entre le visiteur ramené à sa taille d’enfant dans un jardin public et l’espace public dans laquelle se trouve l’installation.

«The Outcast» (qui signifie «celui qui est banni») est composé de structures en acier
supportant de vieilles fenêtres. A l’intérieur de l’édifice en partie inachevé et déjà en ruine se trouve un arrangement de tables, de chaises et de néons. Le sol est recouvert d’une épaisse couche de terre que des ventilateurs soulèvent deux à trois fois par jour, rappelant l’ambiance chaotique des travaux urbains de la Chine industrielle. Tous ces matériaux proviennent des quartiers populaires de Pékin en cours de restructuration (c’est à dire en cours de destruction) afin de laisser place à de nouveaux programmes immobiliers dans l’optiques des Jeux Olympiques de 2008.

«Après 2000, suivant l’acceptation généralisée de l’art contemporain chinois dans les
cercles artistiques sociaux, politiques et traditionnels, et remarquant l’essor du marché national et international, la nouvelle production artistique est devenue un sujet d’intérêt à la fois dans le pays et à l’étranger […] La réalité est désormais prise uniquement pour son actualité «au pied de la lettre », directe, non circonstancielle et dépourvue d’idéologie.[…] La «réalité comme elle vient» est une ressource pour la progression des idées émergeantes, de l’imagination débordante de chacun. L’acte artistique est simplement un mouvement, un réflexe. «Voir Bouddha tuer Bouddha/Voir les démons décapiter les démons. »

Pi Li - Catalogue p. 206