Cinthia Marcelle
invitée par Jochen Volz

 
  photo: Blaise Adilon [2]


« Fonte 193 (Fountain 193) », 2007

Vidéo 5'40" en boucle
Courtesy de l'artiste et Gallery Box 4
Prise de son directe et mixage - Pedro Aspahan
Assistant photographe - Bernard Belisário

« Confronto (Confront) », 2005
Vidéo 7'50" en boucle
Courtesy de l'artiste et Gallery Box 4
Vidéo de la série Unus Mundus
Camera, edition and sound edition - Bruno do Cavaco

 


« Pista (Clue) », 2005 [2]
Sculpture: yellow lines painted on carpet grey
35 x 190 x 35 cm
Courtesy de l'artiste et Gallery Box 4

« Capa morada (Cape Town) », 2003 [1]
5 photographies (Jean Meeran)
54 x 79 cm
Cette oeuvre fait partie du « Urt », un programme de résidence
coordonné par Greg Smith, Cape Town, Afrique du Sud.
Courtesy de l'artiste et Gallery Box 4


Avec le soutien de Sikkens-Vachon

 

CINTHIA MARCELLE
née en 1974 à Belo Horizonte, où elle vit et travaille
Les oeuvres récentes de Cinthia Marcelle sont des happenings qui ont pour objet de créer des liens entre plusieurs coïncidences. Qu’il s’agisse d’organiser une manif’ grise (“Grey Demonstration”) ou de se fondre dans les murs de Cape Town (“Stay”), Cinthia Marcelle pervertit les formes les plus politiques et les convertit dans un langage personnel et symbolique.

JOCHEN VOLZ
né 1971 à Braunschweig, Allemagne vit et travaille au Brésil
Commissaire et directeur général du Centro de Arte Contemporanea Inhotim (Caci) à Minas Gerais au Brésil, Jochen Volz organise de 2001 à 2004 à Portikus, Francfort, les expositions consacrées entre autres à Michael Elmgreen & Ingar Dragset, Rirkrit Tiravanija, Dominique Gonzalez-Foerster, Philippe Parreno ou Simon Starling.

 

 

Par le biais d’actions souvent ténues, cinthia marcelle transforme le quotidien en une oeuvre poétique. Dans « Fontaine 193 », elle fait tourner sans fin un camion de pompier en un cercle parfait, lance à incendie déclenchée, pour en faire une fontaine – 193 étant le numéro des urgences de Bello Horizonte, au Brésil. Dans Confronto, elle bloque la circulation à l’aide de jongleurs de feu, tandis que dans Capa Morada, elle se fond littéralement dans les murs de Cape Town. De la moquette aux lignes jaunes à la peinture grise qui poursuit celle des murs et de la montée d’escalier, les deux salles consacrées à l’artiste ont été pensées comme un ensemble.

"Confronto est la vidéo d’une action organisée sur l’un des principaux carrefours du centre-ville de Belo Horizonte. On voit, d’en haut, des jongleurs avec des torches enflammées qui se donnent en spectacle devant des voitures arrêtées à un feu rouge. Chaque fois que le feu est sur le point de passer au vert, les artistes quittent la rue, mais reviennent aussitôt que le feu est à nouveau rouge et recommencent leur numéro. à chaque séquence deux jongleurs supplémentaires les rejoignent. Et enfin, lorsque huit d’entre eux jonglent en même temps, et bloquent toute la largeur de la rue, ils continuent simplement à jongler même si les feux sont passés au vert. En un rien de temps un choeur de klaxons infernal retentit. [...] Souvent marquées par un degré d’absurdité, les oeuvres de Marcelle semblent tirer leur force du fait qu’elles reflètent le voyage de l’artiste à travers la vie, et son désir de comprendre et de faire l’expérience de la relation entre le moi et le monde. La série de photographies Capa Morada, 2003, prises au Cap, en collaboration avec Jean Meeran, en est un parfait exemple. L’artiste elle-même est représentée dans le contexte architectonique de la ville, le corps couvert de tissus exactement dans les mêmes tons que son environnement. Le moi est camouflé dans son contexte. Inversement, la ville commence progressivement à faire partie du moi et la série atteint son point culminant lorsque l’artiste, disparaît, découverte, dans un train bondé."
Jochen Volz - Catalogue p. 266-267